FILMS DES ANNEES 20 et 30
Le cinéma muet
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Le cinéma muet a été l'expression marquante et fascinante des trois premières décennies du vingtième siècle. Cette curiosité visuelle, baptisée cinématographe, à laquelle les scientifiques de l'époque prédisaient peu d'avenir, et qui la considéraient comme une curiosité ou une attraction foraine, est devenue le 7ème Art. Le cinéma muet est considéré par certains comme les années d'innocence voire même d'insouciance du 7ème Art. L'élégant Max Linder, qui, après avoir été découvert par Charles Pathé, règne sur les écrans jusqu'aux premières heures de la guerre. Mais en 1914, la guerre éclate sur le vieux continent, et, comme beaucoup d'autres hommes, de nombreux acteurs sont mobilisés. La production cinématographique européenne est alors presque totalement interrompue. Lorsque le public se réfugie dans les salles obscures pour tenter d'oublier les horreurs du front, il découvre un personnage malchanceux, facilement reconnaissable avec sa moustache et son chapeau melon : Charlot, interprété par Charlie Chaplin (Une vie de chien). A Los Angeles, l'industrie cinématographique est alors en plein essor, et, grâce au ralentissement brutal de la production sur le vieux continent, elle exporte ses films en quantités croissantes. C'est donc à partir de 1914 que le septième art américain, jusque là soumis à la suprématie européenne, va s'imposer comme la plus importante, et probablement la plus influente, des cinématographies mondiales. En 1919, les films venus des États-Unis représentent environ 90 % des projections réalisées dans les salles des cinémas européens. |
La suprématie de Hollywood
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Ce développement impressionnant est un des principaux facteurs qui donne naissance à la fascination pour un lieu, aujourd'hui mythique, où sont regroupés tous les studios des plus grandes entreprises de production, Hollywood. C'est en effet pendant la guerre, que le temple du septième art, qui connaîtra ses glorieuses années entre 1920 et 1960, commence à attirer plusieurs cinéastes européens et notamment français. Hollywood a su attirer, puis accueillir, et ce dès les années d'après guerre, les plus talentueux des cinéastes et acteurs qui jusque là travaillaient en Europe. On remarquera l'allemand Ernst Lubitsch (Le prince étudiant), l'autrichien Erich Von Stroheim (Les rapaces), la suédoise Greta Garbo (La chair et le diable). Mais un tel essor n'est pas dû seulement à l'opportunité offerte par l'interruption des productions européennes entre 1914 et 1918. En effet, les studios hollywoodiens doivent aussi leur développement à la mise en place d'un type de production élaboré sur des hiérarchies budgétaires. Dans ce système, les acteurs possèdent un contrat, souvent très strict, avec leurs studios, et sont érigés en stars, afin qu'émerge autour d'eux un culte susceptible de fidéliser les spectateurs des salles obscures. Une autre raison pour laquelle Hollywood se développe rapidement est la séparation des genres cinématographiques selon les différentes firmes. Ainsi, la Warner se spécialise dans les films policiers et les comédies musicales, l'Universal dans les mises en scène fantastiques, et la Métro-Goldwyng-Mayer dans les mélodrames historiques. Cependant, le cinéma qui va véritablement assurer la suprématie des studios hollywoodiens à travers le monde durant cette époque est le burlesque. L'un de ses maîtres incontesté est Charlie Chaplin (Le kid, La ruée vers l'or), mais plusieurs autres, tel que Buster Keaton (Le cameraman), font aussi beaucoup parler d'eux. Or, la plupart de ces acteurs, qui s'étaient construit un univers au sein d'un cinéma muet, disparaîtront des écrans lorsque la musique du langage viendra emplir les salles obscures; seuls Charlie Chaplin, ou Laurel et Hardy (La bataille du siècle) survivront à l'arrivée du parlant. |
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Le cinéma européen
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Pendant qu'Hollywood conquiert la planète, les pays européens reprennent, au lendemain de quelques années douloureuses, leur production, et pour certains, développent un cinéma qui répond à leur propre attente. L'Allemagne, qui a du mal à se remettre de sa défaite, sombre dans la misère, et, invente l'expressionnisme (Nosferatu de Murnau, Docteur Mabuse de Fritz Lang et Le Golem de Paul Wegener). Mais ce nouveau courant cinématographique laisse aussi la place à des films plus réalistes, comme Journal d'une fille perdue de Georg W. Pabst, dans lequel joue l'actrice Louise Brooks.
En Russie, Sergei Mikhailovich Eisenstein tourne l'un des films les plus connus des premières décennies du cinéma: Le cuirassé Potemkine (25), dont l'illustre scène du landau sur les marches est un monument d'anthologie. |
Le cinéma parlant :
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Après plus de 30 ans d'existence, durant lesquelles il n'a cessé de charmer son public avec ses images vivantes, le septième art va désormais séduire le monde avec la mélodie de ses musiques comme de ses mots. Expérimentées dès l'invention du cinéma, les techniques sonores ne commencent à être exploiter qu'au milieu des années 1920, lorsqu' est constatée une légère baisse de la fréquentation des salles obscures. Le premier film véritablement parlant de l'histoire du septième art est Le chanteur de jazz. Ce changement se révéla rapidement fructueux, et, en 1930, les spectateurs s'émerveillent en entendant, de plus en plus souvent résonner dans les salles, la familière mélodie du langage.
Cependant, les acteurs
hollywoodiens, qui n'ont toujours travaillé que leur démarche
et leur gestuelle, appréhendent de prononcer leurs premiers mots
face aux caméras. Charlie
Chaplin qui réalise encore un film muet (Les
Lumières de la ville), ajoute contraint à son long
métrage une bande sonore musicale de sa composition. Ce sera le
grand succès que l'on connaît. Peu d'artistes qui avaient
connus la consécration, à l'époque du muet, passeront
le cap du parlant avec succès. Parmi les exceptions citons Laurel
& Hardy, dont la notoriété a grandi durant
les années 30 et 40. Certains tomberont dans l'oubli total. Ils
en seront réduits à jouer des petits rôles, ou à
faire de la figuration devant la caméra et à courir le cachet
pour survivre. |
La grande dépression :
Un autre changement, soudain et bien plus difficile à vivre, est celui que beaucoup d'américains doivent affronter au quotidien, après la crise boursière de 1929 : la misère et la dépression assassinent brusquement l'insouciance des années 1920. C'est dans le contexte de ces années difficiles que les salles de cinéma sont envahies par les spectateurs, qui, ayant dépensé quelques cents pour pouvoir s'asseoir devant les écrans, souhaitent oublier un instant, dans l'illusion et la magie des films, la triste et affligeante réalité de leur vie. |
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Le cinéma burlesque se poursuit ainsi, avec Charlie Chaplin (Les temps modernes), Laurel et Hardy (Les compagnons de la nouba) et les Marx Brothers (Soupe au canard). Face à cette demande croissante, Hollywood, que l'on surnomme désormais l'usine à rêves, ne cesse de s'agrandir, produit de plus en plus, et renouvelle puis entretient divers genres cinématographiques. Ainsi, sur les écrans, les films musicaux triomphent avec, entre autres, Le danseur du dessus de Mark Sandrich, dans lesquels Fred Astaire et Ginger Rogers sont les rois de la danse. Les comédies loufoques trépidantes, typiquement américaines, remportent, elles aussi, un succès impressionnant, avec notamment les meilleures mises en scène de Frank Capra, comme New York-Miami et Vous ne l'emporterez pas avec vous, ou bien L'impossible Monsieur Bébé, de Howard Hawks. Les films d'épouvante s'illustrent, quant à eux, avec des réalisations comme King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack ou Frankenstein de James Whale. Les films d'aventures utilisent le contexte historique, comme Le chevalier sans armure. |
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L'industrie hollywoodienne tourne alors à plein régime, et de plus en plus d'acteurs et de réalisateurs, qu'ils soient américains ou émigrés européens, s'affirment devant comme derrière les caméras, contribuant ainsi à l'ascension triomphale des mythiques studios. Deux stars se font une sérieuse concurrence : Marlène Dietrich (L'ange bleu) et Greta Garbo (Anna Karenine). Mais on remarque également John Wayne (La chevauchée fantastique), Errol Flynn (Capitaine Blood) et Gary Cooper (Les aventures de Marco Polo). Si toutes ces stars sont aujourd'hui des personnages incontournables et font partie de la culture cinématographique, d'autres, en revanche, restent des vedettes oubliées et méconnues. Parmi les noms du grand écran connaissant un tel sort figure celle que l'on surnommait à l'époque la blonde platine, Jean Harlow (Bombshell). |
Le cinéma du front populaire :
En France, le septième art connaît, et ce jusqu'en 1934, une période difficile due à la transition technique entre le muet et le parlant. Cependant, dès 1930, les chansons, et leur gaieté, sont mises à l'honneur dans plusieurs films, notamment avec Albert Préjean dans Sous les toits de Paris. Ces premières années restent surtout marquées par des cinéastes comme Jean Vigo (Zéro de conduite), Paul Féjos (Gardez le sourire) et Marc Allégret (Orage). C'est aussi le temps du comique troupier (Les gaietés de l'escadron). |
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Puis, à partir de 1934, le cinéma français traverse pendant six années, malgré la crise économique, une période très productive, grâce à la présence de grands cinéastes dont les films deviendront des œuvres de référence, et offrant au septième art hexagonal une renommée internationale. Pendant que le front populaire s'installe au pouvoir, Marcel Pagnol (César), Julien Duvivier (La belle équipe), Jean Renoir (La grande illusion), Marcel Carné (Quai des brumes) et Sacha Guitry (Le roman d'un tricheur) s'associent à des scénaristes et des dialoguistes comme Charles Spaak, Jacques Prévert, Henri Jeanson et Jean Aurenche, et présentent alors des réalisations qui font désormais partie du patrimoine national. |
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| Dès
la fin des années 1930, ces œuvres sont achetées par des américains
qui souhaitent en faire des adaptations pour leur pays. Se sont à
l'écran Jean
Gabin (Le
jour se lève), Louis
Jouvet (Entrée
des artistes), Pierre
Blanchar (Crime
et châtiment) et Harry
Baur (Le
patriote) qui incarnent le mieux les espoirs du font populaire,
même si en 1939, personne alors n'est plus dupe, et chacun sait que
l'horreur, autrefois discrète, s'approche inexorablement. |
Le nazisme allemand, le communisme
soviétique et le fascisme italien :
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Le rayonnement d'Hollywood
d'une part, et la montée du nazisme d'autre part continuent d'attirer
les cinéastes européens qui se rendent en France pour émigrer
ensuite aux États-Unis. Ainsi, au lendemain du tournage de M
le Maudit, le réalisateur allemand Fritz
Lang gagne l'hexagone, où il met en scène Liliom,
puis décide de quitter le vieux continent pour s'installer en Amérique
où il réalisera Fury.
Toutefois, l'Allemagne nazie trouve sa cinéaste et actrice fétiche,
Leni Riefenstahl (La
lumière bleue), qui collaborera étroitement avec
le pouvoir pour sa propagande.
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Dans les pays alliés, on se prépare a la guerre. Ainsi, Le lion a des ailes est un film britannique de propagande au triple objectif: présenter Hitler comme un fauteur de guerre, démontrer le potentiel militaire de l'Angleterre (les aviateurs de la Royal Air Force en étant les vedettes), et afficher la détermination du peuple britannique.
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